Diabète et santé mentale : ce que l’on ne voit pas toujours de l’extérieur
Voici Fabrice
Fabrice est l’un de nos Podders sponsorisés et utilise Omnipod® depuis 2025. À travers son blog, il partage son expérience personnelle du diabète de type 1, en proposant des réflexions sincères sur les réalités quotidiennes de la gestion du diabète, du bien-être et de la vie au-delà des chiffres.
Cet article reflète uniquement les opinions personnelles de Fabrice et ne constitue pas un avis médical professionnel, ni ne vise à s’y substituer.
L’histoire de Fabrice
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, des personnes du monde entier prennent un moment pour réfléchir à la santé mentale. Pour moi, c’est un sujet étroitement lié au diabète, car vivre avec un diabète de type 1 ne se résume pas à surveiller les taux de glucose, administrer de l’insuline, calculer les glucides ou utiliser la technologie. Il s’agit aussi de ce qui se passe dans notre tête.
C’est le fait d’anticiper. De rester vigilant. De faire face aux incertitudes. De parfois donner l’impression d’être fort alors qu’au fond de soi, on se pose des questions.
Je vis avec un diabète de type 1 depuis de nombreuses années. Le diabète fait partie de ma vie. Il s’intègre à mon quotidien, à mon travail, à mes activités physiques, à mon alimentation, à mon sommeil, à mes voyages et aux moments passés avec ma famille. Grâce à la technologie actuelle, comme mon système de mesure en continu du glucose (MCG) et Omnipod® 5, je peux aujourd’hui gérer mon diabète d’une manière différente. Cela m’apporte davantage de liberté, de confort et, souvent, plus de sérénité.
Mais cela ne signifie pas que le diabète devient facile à gérer sur le plan mental. Car même avec les meilleurs outils, le diabète est toujours présent. Parfois de manière visible. Parfois de manière invisible. Et bien souvent, surtout dans votre esprit.
Quand le diabète devient plus qu’une question de chiffres au quotidien
Au cours de ces dernières années, le diabète a pris une nouvelle dimension dans ma vie. En plus de la gestion quotidienne du diabète, j’effectue régulièrement un suivi médical pour surveiller d’éventuelles complications liées au diabète. Cette surveillance et ces traitements sont importants, et je suis reconnaissant qu’ils existent. Ils m’aident à préserver ma santé et à la surveiller le mieux possible.
Mais honnêtement, sur le plan mental, ce suivi a un impact.
Chaque rendez-vous me rappelle que le diabète, ce n’est pas que pour aujourd’hui. Il me confronte aussi à demain, à l’avenir et à des questions que l’on préférerait ne pas avoir à se poser trop souvent, mais qui finissent malgré tout par revenir.
Et si mon état de santé continuait à se dégrader ?
Et si d’autres complications apparaissaient ?
Qu’est-ce que cela signifie pour mon avenir ?
Serai-je suffisamment en bonne santé pour réaliser tout ce que je souhaite encore accomplir ?
Ces questions ne sont pas toujours perceptibles par les autres. Pourtant, elles sont bien là.
« Je n’ai que 40 ans »
J’ai 40 ans. Et pour moi, c’est encore jeune. J’ai deux enfants. Je veux être là pour eux. Pas seulement aujourd’hui, mais aussi dans les années à venir. Je veux jouer avec eux, faire du sport, voyager, rire, discuter avec eux et les voir grandir. Je veux rester actif, prévoir des projets et pouvoir envisager l’avenir sans que la peur occupe constamment mes pensées.
Mais lorsqu’on est confronté à des complications, quelque chose change dans notre façon de voir les choses. On prend conscience que le diabète n’est pas seulement une tâche quotidienne, mais aussi une histoire qui s’inscrit dans la durée. Et cette prise de conscience peut être éprouvante.
Parfois, ce n’est même pas le traitement en lui-même qui est une charge. C’est ce qu’il représente. L’incertitude. L’attente des examens de suivi. L’espoir que tout reste stable. L’appréhension avant un rendez-vous. Le soulagement lorsque les nouvelles sont bonnes. Et le choc émotionnel lorsque, malgré tout, quelque chose a changé.
C’est un aspect du diabète dont on ne parle peut-être pas encore assez.
La charge mentale silencieuse
Pour beaucoup, le diabète est avant tout une question de gestion pratique. Mesurer son taux de glucose. Administrer son insuline. Compter les glucides. Ajuster la dose lorsque cela est nécessaire. Puis passer à autre chose.
Mais ceux qui vivent avec savent que c’est bien plus que cela.
Le diabète sollicite constamment notre attention, même lorsque l’on aimerait parfois ne plus y penser pendant un moment. Il nous oblige à prendre des décisions à des moments où les autres peuvent simplement profiter de l’instant. Il demande de l’anticipation, de la préparation et de la vigilance. Et parfois, il exige aussi une véritable résilience.
Tous les jours ne se passent pas comme prévu. Parfois, on fait tout « comme il faut » et les taux ne correspondent pas à ce que l’on espérait. Parfois, on est fatigué d’y penser. Cela peut être frustrant. Parfois, cela fait peur. Et parfois, on aimerait simplement pouvoir mettre le diabète de côté pendant un moment.
À cela s’ajoutent les inquiétudes liées aux complications, avec leur lot de questions sur le présent, mais surtout d’incertitudes quant à l’avenir. On prend davantage conscience de sa santé, de son avenir et de l’importance de continuer à prendre bien soin de soi.
La technologie aide, mais elle ne fait pas tout
Je suis très reconnaissant pour la technologie qui existe aujourd’hui. Mon Omnipod® 5 et mon système de MCG m’aident à mieux gérer mon diabète et m’offrent davantage de flexibilité dans mon quotidien. Ils me soutiennent au travail, pendant mes activités, dans les moments passés avec mes enfants, et même lorsque je n’ai pas envie de penser activement à mon diabète.
Cette technologie m’apporte une tranquillité d’esprit. Mais elle n’élimine pas toute la charge mentale.
La technologie facilite la gestion du diabète, mais elle n’efface pas les émotions. Elle ne fait pas complètement disparaître la peur des complications. Elle n’empêche pas de s’inquiéter. Et elle ne rend pas le diabète invisible dans notre esprit.
Et c’est normal de le reconnaître.
Pour moi, c’est peut-être l’un des messages les plus importants : on peut être reconnaissant pour les soins médicaux et la technologie, tout en admettant que vivre avec le diabète peut aussi être difficile sur le plan mental. Ces deux sentiments peuvent coexister.
En parler fait du bien
Avant, ce n’était pas facile pour moi de parler de cet aspect mental. On n’a pas envie de se plaindre. On veut rester fort et garder une attitude positive. Et surtout en tant que père. On veut donner l’impression que tout est sous contrôle.
Mais je comprends de plus en plus à quel point il est important d’en parler ouvertement. Pour soi, mais aussi pour les autres.
Parler du diabète et de la santé mentale permet de mieux se comprendre. Peut-être que quelqu’un lira ces mots et se dira : « Je ne suis donc pas le seul à vivre cela ». Peut-être que cela aidera quelqu’un à engager la conversation avec son conjoint, un ami, son médecin, son infirmier spécialisé dans le traitement du diabète ou un psychologue.
La santé mentale fait partie intégrante des soins liés au diabète. C’est un aspect essentiel, pas de second plan.
Nous parlons souvent du temps dans la cible, de l’hémoglobine A1c (HbA1c), des doses d’insuline et des graphiques du capteur. Ces données sont importantes. Mais derrière tous ces chiffres, il y a une personne. Une personne avec une famille, des rêves, des peurs, des responsabilités et de l’espoir.
Continuer à croire en l’avenir
Malgré tout, j’essaie de continuer à regarder vers l’avenir. Pas naïvement, mais avec lucidité. Je sais que je ne peux pas tout contrôler. Personne ne peut tout contrôler avec le diabète. Mais je sais aussi que chaque effort compte.
Chaque examen de suivi. Chaque traitement. Chaque choix sain. Chaque fois que je surveille mes taux de glucose. Chaque fois que je bouge. Chaque fois que je me repose quand j’en ai besoin. Chaque fois que j’en parle plutôt que de tout garder pour moi.
Je le fais pour moi, mais aussi pour mes enfants. Pour ma famille. Pour pouvoir envisager l’avenir en restant en aussi bonne santé que possible.
Le diabète a un impact. Physiquement et mentalement. Les complications peuvent accentuer cet impact, mais elles ne définissent pas qui nous sommes. Elles ne signifient pas que nous n’avons aucune force. Parfois, la véritable force réside justement dans le fait de continuer à avancer, même lorsque c’est difficile.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, c’est vraiment ce que j’aimerais dire à toutes les personnes qui vivent avec le diabète : vous n’avez pas toujours besoin d’avoir l’air fort. Vous avez le droit d’avoir peur. Vous avez le droit d’être fatigué(e). Vous avez le droit de vous poser des questions sur l’avenir. Et vous avez le droit de demander de l’aide.
Vous n’êtes pas seul(e).
Et parfois, la résilience commence simplement en ayant le courage de dire honnêtement : « C’est difficile, mais je continue d’avancer ».